Le travail a-t-il un sexe ?

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FR

A l’occasion de la journée de la femme, j’ai pu voir ce documentaire de Martin Meissonnier, consacré à la place des femmes au travail. On ne parle pas de clichés. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le  taux d’emploi mondial des femmes est de 50 % (contre 70% pour les hommes). Il révèle de fortes disparités selon les régions, 21 % en Afrique du Nord et au Moyen-Orient contre 63 % en Asie de l’Est et en Afrique Subsaharienne. Les femmes gagnent en moyenne 18 % de moins que les hommes. Elles sont aussi sous-représentées chez les cadres. Et à peine 5 % des plus grandes sociétés mondiales sont dirigées par des femmes.

Nombreuses sont les barrières sur le chemin des femmes au travail : une éducation trop cloisonnée, des difficultés à être prises au sérieux par la hiérarchie, un sexisme ambiant, les tâches domestiques, les contraintes de la maternité et souvent l’éducation des enfants (la fameuse « double journée »). Dans un tel contexte, comment rééquilibrer le pouvoir entre hommes et femmes ?

Martin Meissonnier ne donne pas de solution « clef en main » mais ouvre le champ des possibles en montrant certains parcours singuliers.  Les avancées ne viendront pas que des lois mais aussi des individus. On est jamais mieux servi que par soi-même. Le premier exemple est Stéphanie Shirley : cette délicieuse et vivifiante anglaise a ainsi créé sa société informatique dans les années 60, entreprise exclusivement féminine pour permettre aux femmes de travailler dans ce secteur depuis chez elles. Des collaboratrices qui travaillaient en cachette de la société, de leur conjoint et ont mené des chantiers ambitieux comme la programmation de la boîte noire du Concorde. Paradoxe, suite à une loi contre la discrimination au travail, elle fut obligée d’embaucher aussi des hommes. Le deuxième exemple est Claire Gibault qui, pour trouver sa place dans le monde très macho de la direction d’orchestre en France, a monté son propre orchestre, avec à la clef, un leadership certes féminin mais extrêmement participatif.  On entre aussi dans le quotidien de Cornelia Findelstein, directrice affairée d’une administration à Pau tandis que son mari élève leurs trois filles. Et enfin un couple de restaurateurs belges où l’homme a choisi de quitter son boulot de mécanicien pour rejoindre sa femme.

Dans le documentaire, on parle aussi de l’Islande, qui est le premier pays du monde à avoir élu démocratiquement à sa présidence une femme, en 1980. Vigdis Finnbogadottir a dirigé ce pays pendant 16 ans, et a été réélue trois fois de suite par les Islandais. En 2012, la première ministre Johanna Sigurdardottir sortira son pays du « précipice économique » provoquée par la crise bancaire causée par une classe de banquiers cupides restée essentiellement masculine. En janvier 2018, l’Islande a voté une loi imposant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Force est de constater que le travail a bien un sexe. Le sexisme est encore bien présent dans de nombreuses corporations professionnelles. L’égalité peut passer par les lois mais c’est avant tout un changement culturel et un changement des mentalités qui doivent transformer en profondeur le monde du travail et le rendre meilleur. Les entreprises dirigées par des femmes n’ont-elles pas une meilleure rentabilité ? Preuve encore que l’égalité hommes-femmes au travail est un impératif du développement durable et de croissance économique…

EN

On the occasion of Women’s Day, I was able to see this documentary by Martin Meissonnier, devoted to the place of women at work. We do not talk about clichés. The statistics speak for themselves: the global employment rate for women is 50% (compared to 70% for men). It reveals large disparities by region, 21% in North Africa and the Middle East against 63% in East Asia and Sub-Saharan Africa. Women earn on average 18% less than men. They are also underrepresented among executives. And just 5% of the world’s largest companies are run by women.


There are many barriers on the way to women at work: too much compartmentalized education, difficulties to be taken seriously by the hierarchy, sexism, domestic tasks, the constraints of motherhood and often the education of children (the famous « double day »). In such a context, how to rebalance power between men and women?
Martin Meissonnier does not give a « turnkey » solution but opens the field of possibilities by showing some singular paths. Progress will come not only from laws but also from individuals. We are never better served than by ourselves. The first example is Stephanie Shirley: this delicious and invigorating English created her computer company in the 60s, exclusively female business to allow women to work in this sector from home. Collaborators who worked behind the scenes of the company, their spouses and led ambitious projects such as programming the Concorde black box. Paradoxically, following a law against discrimination at work, she was forced to hire men as well. The second example is Claire Gibault who, to find her place in the very macho world of conducting in France, has set up her own orchestra, with the key, a leadership certainly feminine but extremely participative. We also enter the daily Cornelia Findelstein, busy director of an administration in Pau while her husband raises their three daughters. And finally a couple of Belgian restaurateurs where the man has chosen to leave his job mechanic to join his wife.

The documentary also talks about Iceland, the first country in the world to democratically elect a woman in 1980. Vigdis Finnbogadottir led the country for 16 years, and was re-elected three times in a row. by the Icelanders. In 2012, the Prime Minister Johanna Sigurdardottir will leave her country the « economic precipice » caused by the banking crisis caused by a class of greedy bankers remained essentially male. In January 2018, Iceland passed a law imposing equal pay for women and men.


It is clear that work has a sex. Sexism is still very much present in many professional corporations. Equality can go through the law but it is above all a cultural change and a change of mentalities that must profoundly transform the world of work and make it better. Do women-led businesses not have better profitability? Proof that gender equality at work is imperative for sustainable development and economic growth ..

 

 

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