Chômeur Choc !

Un article paru dans « l’express l’entreprise » m’a interpellé. Son titre choc « « Quand on est au chômage, on se détruit physiquement et psychologiquement » n’est en fait qu’un reflet réaliste voire triste de notre société. Le constat est glacial : les chômeurs ont en effet mauvaise réputation, mauvaise presse ; ils sont stigmatisés, considérés comme des fainéants, parasites, profiteurs, incompétents et j’en passe. Ces stéréotypes négatifs ont même des répercussions sur l’accès au travail : « Des études aux Etats-Unis et en Allemagne montrent clairement que lorsqu’un recruteur a le choix entre un chômeur et une personne déjà employée ailleurs, le recruteur préfère débaucher le salarié. Etre au chômage envoie un signal fort de non employabilité ». La perte de statut social, la diminution des revenus, l’isolement parfois,… font que le chômeur développe souvent un mal-être,  pouvant aller jusqu’à une détresse psychologique importante.

Le travail est une valeur reconnue. Durant les trente glorieuses, période de plein emploi,  la question ne se posait pas. Il y avait du travail pour tout le monde. Ceux qui ne voulaient pas bosser, c’était un choix. Aujourd’hui, la situation a bien changé. On n’est pas toujours responsable de sa situation. Le monde du travail est impitoyable, discriminatoire. Diplôme, formation, secteur d’activité, origine, sexe, âge, apparence physique, vestimentaire, situation familiale, professionnelle, parcours…sont autant de critères qui peuvent dégrader son employabilité. La compétence ne suffit plus, il faut montrer « patte blanche ». Chacun est plus ou moins armé pour affronter le marché du travail. Si tu es fonctionnaire, tu ne connaîtras pas le chômage, mais dans ton entourage, tu auras forcément une personne qui sera touchée. Et dans ce cas, cette personne ne devient pas « une sous-personne ». Il faut au contraire la soutenir, l’aider, plutôt que de l’enfoncer ! En effet, prenons l’exemple d’un salarié qui a quitté son boulot avec pertes et fracas car il en avait marre de bosser dans des conditions de travail insupportables, ou encore car il se faisait « chier », ou bien encore qu’il bossait pour un chef qu’il ne supportait plus, , …ce salarié, qui a quitté son boulot, est-il moins honorable que celui qui compte ses heures, celui qui bosse sans aucun plaisir, celui qui ne glande rien,….Eh bien non ! Il a même plus de mérite dans bien souvent des cas. Il a des convictions et il s’y tient, quitte à se mettre en danger, car nul ne peut prédire l’avenir. Même le salarié, qui reste bien au chaud, n’est pas à l’abri d’un licenciement, et après 20, 30 ans de boite, il aura peut-être beaucoup de mal à retrouver un emploi car il ne sera jamais remis en question. Il y a aussi le cas du salarié qui a été licencié suite à un plan social. Y est-il pour quelque chose ? Mérite-t-il qu’on le stigmatise, qu’on le diminue ? Balayez déjà devant votre propre porte. Repensez un peu à votre réaction quand une personne vous a dit qu’elle était au chômage… eh oui, lol, c’est humain. Mais à l’avenir, ce sera différent, et vous discuterez avec elle sans arrière-pensée et ensuite, j’espère que vous la soutiendrez mais surtout ne l’enfoncez pas ! Un jour, vous serez peut-être à sa place…donc….

Le chômage n’est donc plus une tare. « Il peut passer par toi, que tu le veuilles ou non ». The conseil : mets à profit ce temps de ‘latence professionnelle’ pour faire un bilan professionnel, te former, voyager, prendre soin de toi, prendre du temps pour toi pour approfondir des activités perso, voir ta famille, voir tes amis, te reposer aussi, faire du sport, et aussi profiter des réductions accordées au chômeur (eh oui, il y en a plein)…mais surtout ne pas se laisser détruire ! 

chomeur

Digital

Peut-on disrupter le chômage ?
Tel était le thème du débat de la première partie de soirée organisée par l’association  ACSEL, à l’Odéon, théâtre de l’Europe, à Paris. ACSEL est le hub de la transformation digitale, qui a, pour mission, de transformer le potentiel économique lié au numérique et à l’innovation en opportunités pour votre entreprise.  Ce grand débat fut animé par Cyril Zimmermann en présence de Nick Leeder, Directeur Général de Google France, Paul Duan, CEO  de Bayes Impact, Yves Tyrode, Directeur du digital à la SNCF et Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France. C’est la première fois que j’entendais le mot disrupter. Ca vient de l’anglais « disrupt » et signifie « perturber fortement ». Peut-on bouleverser le chômage avec le Digital, peut-on lutter contre le chômage avec la technologie ? Voilà le débat posé. La société change, le monde devient digital. Il est plus que primordial de s’inscrire dans le changement. Comme l’a fait l’Allemagne à une époque avec la robotique et qui maintenant a une industrie prospère. Nos entreprises doivent absolument muter dans le Digital. 3 Milliards d’internautes actuellement. 7 Milliards dans 1 ou 2 décennies. Imaginer le marché qui se présente à vous…Une petite entreprise, qui vend localement dans son agglomération, peut, avec internet, assez rapidement, ouvrir son buziness sur sa région,  aux régions voisines, sur le territoire français, européen, international,…et créer ainsi de l’emploi. Google a fait des expériences avec des start-up et le résultat est assez spectaculaire (augmentation du CA de plus de 30% sur une année, avec à la clef des créations d’emploi). Pour Nick Leeder, il y a, avec le Digital,  un gain potentiel de croissance de 100 Milliards d’euros par an pour la France. Cela concerne toute l’économie et pas seulement les start-up mais aussi les TPE, PME,…jusqu’aux sociétés du CAC 40, et tous les secteurs d’activités : high tech, luxe, distribution, agriculture, artisanat, auto-entreprenariat…Justement un moyen de lutter contre le chômage est souvent de se créer son propre emploi et internet peut vous aider à lancer votre activité, à vous faire connaître, à monter votre structure,… pour des professions pas seulement technologiques mais de toutes sortes, manuelles, commerciales, services,…Paul Duan installé à San Francisco, qui a créé une ONG avec pour objectif de résoudre des enjeux sociaux contemporains à l’aide des nouvelles technologies et d’algorithmes, s’attaque au chômage en France dans le cadre d’un accord avec Pôle Emploi. Le délai moyen pour retrouver un emploi en France est de 14 mois. Imaginez juste le gain financier si ce délai peut être raccourci d’un mois voire de plusieurs sur l’ensemble des demandeurs d’emploi…c’est ce que Paul va essayer de faire avec Pôle  . Le Digital, ce n’est pas précarisé l’emploi, mais, au contraire, il faut le voir comme un « power of employment », c’est-à-dire un accélérateur d’opportunités, un facilitateur pour la recherche d’emploi. Yves Tyrode, qui était au départ un sceptique du Digital, a revu son point de vue. L’exemple de l’utilisation des data sur la maintenance du matériel est un cas d’école. Autrefois, les techniciens intervenaient sur des avaries qui pouvaient subvenir n’importe quand, n’importe où. Aujourd’hui grâce à la data provenant de capteurs sur le matériel mais aussi sur les infrastructures fixes comme les conteneurs ou les rails, ils interviennent + à titre préventif. Et en cas d’incident, grâce aux data, une avarie (sur un conteneur par exemple) peut être localisée plus rapidement contrairement à autrefois où ça revenait dans certains cas à chercher une épingle dans une botte de foin. Les capteurs sont des capteurs et ne remplacent pas les hommes. Le métier devient plus intéressant avec l’apport de la technologie. « Le Digital oui mais à bon escient » rappelle Valérie Pécresse qui cite l’exemple de Lili, logiciel développé pour les lycées qui a coûté une fortune à la région IDF (27 millions d’euros) et qui finalement est utilisé que par 50 lycées sur les 500 visés. Logiciel trop complexe, « l’usine à gaz » pour reprendre une expression familière. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ?  Valérie Pécresse prône + pour une technologie locale, donner un budget à chaque lycée pour qu’il se crée sa propre application adaptée à sa spécificité. C’est un débat dans un débat. Centraliser un outil ou localiser un outil ? Pour faire baisser le chômage, son action consiste à cartographier le bassin de l’emploi en IDF (eh oui ce n’est pas fait) avec des data. Puis adapter l’offre à la demande avec des actions concrètes comme la formation. Du bon sens, oui mais avec le Digital pour être plus efficace, plus rapide, plus adaptable. Former des demandeurs d’emploi pour leur donner une chance de ré-intégrer le marché du travail et pas pour seulement les occuper…Beaucoup d’idées ont fusé lors du débat, c’était super intéressant, enrichissant. Si on ne veut pas rester au bord de la route, il faut suivre le Digital, évoluer avec, s’en servir, se transformer. Il ne faut pas le voir comme un destructeur d’emploi. C’est un power of employment…une source d’opportunités, de développement personnel, un accès formidable  à l’information, à la Data…
Après le débat, les ACSEL’R AWARDS. 7 prix ont été décernés. Je vais les lister et dire 2, 3 mots sur les vainqueurs. Ca vous permettra de vous donner des exemples concrets du Digital et de l’émergence de ce nouveau monde…
1. Prix Start-up Innovation [ Pour récompenser la jeune entreprise la plus innovante ] : HOPWORK. Plateforme pour les freelance.
2. Coup de cœur du Jury : FIND’EUR. Plateforme d’auto-entrepreneurs.
Pour lutter contre le chômage, la solution est de créer son propre emploi. Ces deux entreprises sont dans cette démarche en proposant un matching freelance – entreprise, contractualise la prestation, la note,…
3. ACSEL du Grand Disrupter [pour récompenser un modèle économique en rupture] : BAYES IMPACT. ONG de Paul Duan dont on a déjà parlé. Développement d’un outils d’aide à la recherche d’emploi. La version beta est prévue pour le mois de juin.
4. Prix de la transformation Sociale [pour récompenser une initiative ayant pour objectif la transformation du temps et/ou de l’espace de travail] : AXA. Fabrication d’un MOOC sous forme d’un quizz. Rendre accessible le Digital aux « vieux ».
5. Prix Capital Humain [pour récompenser un modèle innovant de recrutement ou de formation] : MyJobCompany. Un site de chasseur de tête collaboratif. Tout le monde peut se transformer en chasseur de tête.
6. Prix Open Innovation [pour récompenser un modèle performant de connexion à l’écosystème et de captation de l’innovation] : Groupe UP. C’est la coopérative qui édite les chèque-déjeuner, chèque-lire,…
7. ACSEL de la Transformation Digitale [pour récompenser la candidature la plus éloquente et la plus prometteuse] : OpenClassrooms. Des MOOC et des cours accessibles à tous.
Après la remise des prix, on a enchaîné sur une soirée. Le théâtre de l’Odéon s’est transformé en lieu de networking pour un mouvement convivial autour d’un verre.