Les Champs de Bataille à Paris

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FR

Témoignage de l’acte 18 des Gilets Jaunes, le 16 Mars 2019 au cœur des Champs-Elysées.
Sur la plus belle avenue du monde, ce soir, un symbole : une chaussure NIKE, orpheline et rescapée des émeutes de l’acte 18 des Gilets Jaunes. Elle a été très probablement fabriquée en Asie par un enfant ou un adulte, payé quelques centimes de l’heure. Alors que son coût de production revient à quelques euros, elle en sera vendue plus d’une centaine; pas sûr que cela soit à la portée du salarié du kiosque brûlé (qu’on voit en arrière plan sur la photo ci-dessus).
Le Président de la République revient en urgence du ski. L’acte 18 était pourtant annoncé à hauts risques. Force est de constater que nos dirigeants en ont fait fi. Le ministre de l’Intérieur, lui,  s’était offert une soirée en boite le week-end dernier…

 

L’Etat a failli à un de ses devoirs régaliens, à savoir assurer la sécurité des biens. Les magasins des Champs-Elysées ont été dégradés et pillés. Les manquements de l’Etat sont multiples : une anticipation insuffisante, un dispositif de sécurité défaillant ,…L’Etat a-t-il fait preuve d’incompétence et/ou de négligence ? Était-ce une stratégie pour décrédibiliser le mouvement ?
De mon point de vue, les effectifs des forces de l’ordre ont été mal répartis. On protège l’Elysée, pas les Champs. On protège le pouvoir, pas le peuple. C’est symptomatique !

En guise de comparaison, j’ai participé à l’acte 4 de Décembre 2018 : https://adrienout.wordpress.com/2018/12/ . A l’époque, j’avais été fouillé 3 fois, dont une  notamment pour accéder aux Champs-Elysées. Ce samedi, aucune fouille. Quelle est la volonté derrière ?

Toute la France s’était donnée rendez-vous à Paris. J’ai pu constater la présence de nombreux provinciaux (chapeau à eux), mais aussi des Belges, des Allemands et des Italiens. Une solidarité se dégage de ce mouvement. On retrouve du lien social, on discute, on refait le monde. Je rencontre un couple de personnes âgées, Jean 85 ans et Yvette 84 ans : « on s’est fait gazer, c’est inadmissible », on en rigole et je les raccompagne dans une zone sécurisée,…Je parle avec un père remonté. « On m’a empêché de circuler avec ma fille (qui était handicapée) et on s’est pris plein de gaz ». C’est impressionnant le nombre de capsules lacrymo qui jonchent le sol ! Je me retrouve ensuite sur une rue perpendiculaire aux Champs, rue de Bassano, à côté du Raspoutine. Je suis à côté de policiers de la BAC. Ils arrêtent deux jeunes. Véritable délit de faciès, je me dis avec ma voisine. Ils sont habillés en jogging et nos policiers y voient sûrement de la « racaille » de cité. Pas de bol, ceux sont deux jeunes du XVIème ! Ils sont relâchés…
Je vois de véritables scène de guérilla au loin dans la rue Balzac. On entend de multiples explosions. Les forces de l’ordre reculent. Une clameur retentit. On se fait gazer ensuite sans raison. On est dans une rue tranquille. On recule,….
Puis des street medics amènent des blessés graves, les policiers font un peu de zèle, et commencent à chercher des embrouilles. Ah zut, la Croix Rouge est là aussi avec une ambulance. Les esprits se calment, mais un policier de la BAC entièrement masqué insulte un street medic de « gros con ». Là, je leur dis « vous n’avez pas le droit d’insulter les gens ! ». La tension redescend. Le Gilet Jaune est grièvement blessé à la jambe, il sera emmené en ambulance.

 

Depuis le début du mouvement, chez les manifestants, il y a de nombreux blessés, des éborgnés, des personnes amputées. Il y a même eu un mort à Marseille (une personne âgée qui était à sa fenêtre et qui ne manifestait pas, a reçu une lacrymo et est décédée des suites de sa blessure).  Pas un mot du gouvernement ! La seule réponse du Ministre de l’Intérieur, c’est répression et menace. Il y a un gros, gros problème selon moi…La France est aussi le seul pays européen à utiliser des LBD et des grenades TNT GLI F4, c’est inadmissible…L’usage de ces armes ne résout rien, je dirai même qu’il a un effet inverse…

Le peuple a faim, le peuple se révolte,…le gouvernement ne bouge pas. Macron fait de beaux discours, propose un grand débat, mais ne convainc pas. Il y a eu quelques mesures annoncées fin décembre, mais cela n’a pas suffit…nombreux sont ceux qui attendent encore de toucher leur prime d’activité. Nos énarques et « fumeux » économistes nous pondent de véritables usines à gaz, avec des mesures le plus souvent incompréhensibles et extrêmement compliquées à mettre en place.

Le peuple veut une nouvelle République avec une démocratie plus représentative et plus participative, une fiscalité plus juste, et l’exemplarité de ses hommes politiques et leur entourage (en finir avec les Benalla, les enrichissements personnels, les retraites dorées,…). En finir avec cette justice à deux vitesses. L’ultra-libéralisme de Macron doit cesser. Macron, qui incarnait le renouveau, a déçu. Il a menti aux Français en n’appliquant pas son programme. Il a perdu leur confiance. Un énarque arrogant, croisé avec un banquier qui sort des phrases méprisantes et insultantes. « les gens qui ne sont rien ». « Je traverse la rue et je vous trouve un travail ». « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien ». L’année 2018 devait être celle de la cohésion. Ce sera plutôt celle du début du mouvement des gilets jaunes. Il ne rassemble pas mais divise pour l’instant. Sur les réseaux sociaux et lors des manifestations, de nouvelles tensions apparaissent. Exemple, un accrochage entre un parisien et un provincial. Le premier : « on est chez nous, arrêtez de nous emmerder ! « . L’autre : « je suis chez moi aussi, les Champs-Elysées ne t’appartiennent pas ».

Au delà des dommages collatéraux, ce mouvement des Gilets Jaunes peut devenir une chance pour notre pays. Il réveille les consciences, il pose les bonnes questions. C’est un sursaut démocratique. Le gouvernement doit maintenant agir. Il doit proposer une refonte totale de sa façon de gouverner, s’il veut que le mouvement des Gilets Jaunes cesse. On est dans une sorte de démocrature ultra-libérale et décadente. On existe le plus souvent par l’argent, la consommation. Une minorité accapare toutes les richesses. Le mal est profond et mondial…

L’Etat traite les conséquences du mouvement et non les causes. Là est aussi le gros problème de nos politiques. Ils gèrent à très court terme…La future privatisation d’ADP en est encore une preuve…ça rapporte direct entre 8 et 10 milliards, mais sur le long terme, je pense qu’on va perdre beaucoup…même les Etats-Unis n’ont pas privatisé leur aéroport ! L’Etat brade nos industries, la vente d’Alstom à GE réalisée par Macron (alors Ministre de l’économie) sera certainement aussi un beau naufrage pour nos emplois industriels.

La France est un très beau pays et a encore un très bon système social. Mais la situation est de pis en pis. La pauvreté explose dans les campagnes. Nos politiques sont hors du coup depuis de nombreuses années. « On mérite les politiques qu’on a ». Non, je ne suis pas d’accord. La révolution citoyenne est en marche, pensons à une nouvelle République plus représentative et plus participative ! Je garde espoir mais si on n’agit pas, on va droit dans le Mur.
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Je suis passé aussi à la Marche pour le climat, où j’ai retrouvé de nombreux gilets jaunes. Les mouvements se rejoignent sur beaucoup de points…comme quoi 😉 L’union fait la force. Mobilisons-nous pour changer le système actuel…

EN

Testimony of Act 18 of the Yellow Vests, March 16, 2019 in the heart of the Champs-Elysees.
On the most beautiful avenue in the world, tonight, a symbol: a shoe NIKE, orphan and survivor of the riots of Act 18 Yellow Vests. It was most probably made in Asia by a child or an adult, paid a few cents an hour. While its cost of production amounts to a few euros, it will be sold over a hundred; not sure that this is within the grasp of the employee burned kiosk (we see in the background in the photo above).
The President of the Republic comes back from skiing urgently. Act 18 was announced at high risk. It must be said that our leaders have ignored it. The Minister of the Interior, he had offered a night club last weekend …
The state has failed in one of its regal duties, namely to ensure the security of property. The Champs-Elysées stores have been degraded and looted. State failures are multiple: insufficient anticipation, a defective security system, … Has the state shown incompetence and / or negligence? Was it a strategy to discredit the movement?
From my point of view, the number of law enforcement personnel has been poorly distributed. We protect the Elysée, not the Champs. We protect the power, not the people. It’s symptomatic!
As a comparison, I participated in Act 4 of December 2018: https://adrienout.wordpress.com/2018/12/. At the time, I had been searched 3 times, including one to access the Champs-Elysees. This Saturday, no search. What is the will behind?

All France had made an appointment in Paris. I could see the presence of many Provincials (hat to them), but also Belgians, Germans and Italians. Solidarity emerges from this movement. We find the social link, we discuss, we redo the world. I meet a couple of old people, Jean 85 years old and Yvette 84 years old: « we got gas, it’s inadmissible », we laugh and I take them to a safe area, … I talk with a father traced back. « I was prevented from traveling with my daughter (who was disabled) and we got plenty of gas. » It is impressive the number of tear capsules that litter the ground! I then find myself on a street perpendicular to the Champs de Bassano, next to Rasputin. I am next to BAC police. They arrest two young people. A true crime of facies, I say to myself with my neighbor. They are dressed in jogging and our police officers surely see it as « scum ». No bowl, those are two young people of the sixteenth! They are released …

I see a real guerrilla scene in the distance in Balzac Street. We hear multiple explosions. The police are retreating. A clamor sounds. We get gassed for no reason. We are in a quiet street. We go back ….

Then street medics bring serious wounds, the police do a little zeal, and start looking for trouble. Oh damn, the Red Cross is there too with an ambulance. The spirits calm down, but a policeman from the fully masked BAC insults a street medic of « big con ». There, I tell them « you do not have the right to insult people! » The tension goes down. The Yellow Vest is seriously injured in the leg, he will be taken by ambulance.

Since the beginning of the movement, the demonstrators, there are many wounded, éborgnés, amputees. There was even a death in Marseilles (a senior who was at his window and who did not demonstrate, received a tear and died as a result of his injury). Not a word from the government! The only answer from the Minister of the Interior is repression and threat. There is a big, big problem in my opinion … France is also the only European country to use LBD and grenades TNT GLI F4, it is inadmissible … The use of these weapons solves nothing, I even say that it has an opposite effect …

The people are hungry, the people are revolting … the government is not moving. Macron makes beautiful speeches, offers a great debate, but does not convince. There were some measures announced at the end of December, but that was not enough … many people are still waiting to receive their activity bonus. Our enarco and « smoky » economists lay us real gas plants, with measures often incomprehensible and extremely complicated to implement.

The people want a new Republic with a more representative and more participative democracy, a more just taxation, and the exemplarity of its politicians and their entourage (to finish with the Benalla, the personal enrichments, the golden retreats, …) . End this two-speed justice. The ultra-liberalism of Macron must stop. Macron, who embodied renewal, was disappointed. He lied to the French by not applying his program. He lost their trust. An arrogant enarque, crossed with a banker who comes out of contemptuous and insulting phrases. « people who are nothing ». « I cross the street and find you a job ». « The kwassa-kwassa fish little, it brings Comoran ». The year 2018 was to be that of cohesion. It will be rather the beginning of the movement of yellow vests. He does not gather but divides for the moment. On social networks and during events, new tensions appear. Example, a collision between a Parisian and a provincial. The first: « we’re at home, stop bothering us! » The other: « I’m at home too, the Champs-Elysees do not belong to you ».

Beyond the collateral damage, this movement of Yellow Vests can become a chance for our country. He wakes up consciences, he asks the right questions. It is a democratic burst. The government must now act. He must propose a complete overhaul of his way of governing, if he wants the movement of Yellow Vests to stop. We are in a kind of ultra-liberal and decadent democracy. We most often exist by money, consumption. A minority monopolize all wealth. The evil is deep and global …
The state deals with the consequences of the movement and not the causes. This is also the big problem of our policies. They are managing in the very short term … The future privatization of ADP is still a proof … it brings direct between 8 and 10 billion, but in the long run, I think we will lose a lot … even the United States has not privatized their airport! The state of our industries, the sale of Alstom to GE by Macron (then Minister of Economy) will certainly be a beautiful shipwreck for our industrial jobs.

France is a very beautiful country and still has a very good social system. But the situation is getting worse. Poverty explodes in the countryside. Our policies have been out of reach for many years. « We deserve the policies we have ». No I do not agree. The citizen revolution is under way, think of a new Republic more representative and more participative! I keep hope but if we do not act, we go straight into the wall.

I also went to the Climate March, where I found many yellow vests. The movements come together on many points … like what 😉 The union is strength. Let’s mobilize to change the current system …

 

 

 

Au cœur des Jaunes

 

FR

La crise des Gilets Jaunes fait l’actualité en ce moment. Une fracture sociale, digitale, et territoriale en sont les causes profondes. A ce cocktail explosif, vous ajoutez un catalyseur, notre président Emmanuel Macron, et vous avez le mouvement populaire des Gilets Jaunes sur tout le territoire français !

Ce samedi, c’est l’acte 4 sur Paris. Malgré les appels à ne pas manifester du gouvernement, j’ai décidé de manifester par conviction et aussi pour me faire ma propre opinion.

Sur le net, on lit un peu tout concernant le lieu du rassemblement. Je choisis Bastille et je me dirigerai ensuite sur les Champs-Elysées. Je pars en métro. La station Bastille est fermée et aussi toutes les stations du centre-ville de Richelieu-Drouot à la Motte Piquet Grenelle. Je m’arrête donc à Ledru-Rollin, une station juste avant et je fais le reste à pieds. Beaucoup de vitrines de magasins sont protégées. J’ai droit à une fouille. Un individu est arrêté sur le côté, je n’ai pas vu ce qu’il avait emmené mais il passera certainement sa journée en garde à vue.

 

Il y a environ 500 Gilets Jaunes vers 10h00. Le cortège se met en route, direction les Champs-Elysées. On croise deux blindés et de nombreuses forces de l’ordre, le dispositif est impressionnant. Tout se passe dans le calme et le cortège s’étire sur de longs kilomètres. Les forces de l’ordre sont « zen » et certaines discutent avec les manifestants sur le trajet. Je note quand même la présence de CRS nerveux, notamment un élément qui pointe son flash-ball sur nous alors qu’on marche tranquillement. Un manifestant jette un œuf sur des jeunes curieux à un balcon, s’ensuit des noms d’oiseau. Beaucoup sont venus des régions. Cela illustre bien la fracture territoriale « Paris vs la Province ». On est dans les beaux quartiers, un client d’hôtel essaie de jeter une bouteille en verre sur des manifestants. Il loupe son coup et le service d’ordre de l’hôtel calme les esprits.

 

Tout le secteur autour de l’Elysée est bouclé, des murs de protection amovibles sont érigés pour ne pas laisser passer les manifestants. Rue Saint-Honoré, au niveau du musée du Louvre, la garde Républicaine est présente. Les chevaux sont majestueux. De nouvelles fouilles sont réalisées. Un bon point pour la sécurité, ça permet d’écarter les suspects. Le cortège est bloqué à la place de la Concorde. Trois manifestants sont interpellés, je ne sais pour quelle raison, les autorités les ont considérés comme dangereux. Pour rejoindre les Champs-Elysées, on devra contourner en passant par l’église de la Madeleine.

Paris est désert, comme une ville morte. De nombreux magasins et restaurants sont fermés, pratiquement aucune automobile ne roule. C’est super agréable :-), d’autant plus que le soleil pointe le bout de son nez. Sur les Champs-Elysées, une nouvelle fouille est effectuée pour accéder au haut. Trois manifestants se font extraire par des policiers en civil. J’entends « Benalla est de retour ». Il y a des hélicos, des snipers (je n’ai pas vu de fusils, mais des appareils photos) en haut du bâtiment de LVMH. On entend la Marseillaise, le slogan « Macron démission ». Les lacrymos commencent à tomber, je ne suis pourtant pas au sommet des Champs. Est-ce à titre préventif ? Les manifestants s’en offusquent et des mouvements de foule se créent parfois. On entend régulièrement des explosions, on a le sentiment parfois d’être en guerre civile. Je discute avec un couple venu de Normandie, je vois des Savoyards. Beaucoup de provinciaux sont là pour le symbole. Ils montent à Paris, ils veulent se faire entendre par le pouvoir. Ce sont des gens pacifiques qui louent l’efficacité du dispositif de sécurité.

 

Vers 14 heures, je me rapproche de l’Arc de Triomphe en empruntant des rues adjacentes et là ça commence à chauffer. Il y a quelques black blocs. Un ami me rejoint. Il est passé au travers des gaz lacrymos, il a les yeux qui pleurent à grands sanglots. Des lacrymos sont tirées d’assez loin, parfois un peu « en aveugle ». C’est dangereux. Même en observateur et en étant relativement loin, on doit parfois courir. Une camionnette prend feu, des camions de pompier passent sans difficultés, le mouvement est pacifique. On est petit à petit repoussé vers le bas, pour se retrouver Place d’Iena. On y voit beaucoup de jeunes, des enfants, « des crevettes », pas dangereux à première vue, mais peut-être des casseurs.

En conclusion, je dirai que les Forces de l’ordre ont assuré la sécurité et je les en remercie. J‘ai passé finalement une très belle journée au cours de laquelle j’ai parlé avec des manifestants calmes de leurs revendications. J’ai croisé aussi quelques manifestants belliqueux. Le mouvement prend de l’ampleur sur la France. D’environ 75 000 manifestants le week-end dernier, on est passé à plus de 125 000.
Maintenant, c’est à notre Président d’agir, avec des mesures concrètes à effet immédiat pour éviter l’acte 5, à une semaine de Noël.

EN

The Yellow Vest crisis is the news right now. A social, digital, and territorial fracture are the root causes. At this explosive cocktail, you add a catalyst, our president Emmanuel Macron, and you have the popular movement of Yellow Vests throughout France !

This Saturday is act 4 on Paris. Despite calls not to demonstrate government, I decided to demonstrate by conviction and also to make my own opinion.
On the net, we read a little about the place of the gathering. I choose Bastille and I will then head to the Champs-Elysees. I’m going by subway. The station Bastille is closed and also all the stations of the town center of Richelieu-Drouot with the Motte Piquet Grenelle. I stop at Ledru-Rollin, a station just before and I do the rest on foot. Many shop windows are protected. I am entitled to a search. An individual is stopped on the side, I did not see what he had brought but he will certainly spend his day in custody.

There are about 500 Yellow Vests around 10:00. The procession sets off towards the Champs-Elysées. We cross two armored vehicles and many police forces, the device is impressive. Everything happens in calm and the procession stretches for long kilometers. The police are « zen » and some discuss with the protesters on the way. I still note the presence of nervous CRS, including an element that points his flash-ball on us while walking quietly. A protester casts an egg on curious young people at a balcony, followed by bird names. Many came from the regions. This illustrates the territorial divide « Paris vs. the Province ». We are in beautiful neighborhoods, a hotel guest is trying to throw a glass bottle on protesters. He misses his shot and the service of order of the hotel calm the spirits.

The entire area around the Elysee is cordoned off, removable protective walls are erected to not let the protesters. Rue Saint-Honoré, at the Louvre Museum, the Republican Guard is present. The horses are majestic. New excavations are carried out. A good point for security, it helps to remove suspects. The procession is blocked at the Place de la Concorde. Three protesters are arrested, I do not know why, the authorities considered them dangerous. To reach the Champs-Elysées, you will have to go around the church of Madeleine.

Paris is deserted, like a dead city. Many shops and restaurants are closed, virtually no cars drive. It’s super nice :-), especially as the sun is pointing the tip of his nose. On the Champs-Elysées, a new search is carried out to reach the top. Three protesters are extracted by plainclothes police. I hear « Benalla is back ». There are helicopters, snipers (I did not see guns, but cameras) at the top of the LVMH building. We hear the Marseillaise, the slogan « Macron resignation ». The lachrymos are beginning to fall, I’m not at the top of the Champs. Is it as a preventive measure? Protesters are offended and crowd movements are sometimes created. We regularly hear explosions, we sometimes feel like civil war. I discuss with a couple from Normandy, I see Savoyards. Many provincials are there for the symbol. They go up to Paris, they want to be heard by the power. Those are peaceful people who praise the effectiveness of the security device.

Around 14 hours, I approach the Arc de Triomphe by taking adjacent streets and it starts to heat up. There are some black blocks. A friend joins me. He has gone through the tear gas, his eyes are crying with great sobs. Lachrymos are fired from far enough, sometimes a little « blind ». It’s dangerous. Even as an observer and being relatively far away, you have to run sometimes. A van catches fire, fire trucks pass without difficulty, the movement is peaceful. We are gradually pushed back down to find Place d’Iena. We see a lot of young people, children, « shrimp », not dangerous at first sight, but maybe breakers.

In conclusion, I would say that the security forces have provided security and I thank them for it. I finally had a very nice day during which I spoke with calm demonstrators of their demands. I also met some bellicose protesters. The movement is gaining momentum in France. From around 75,000 protesters last weekend, it has grown to more than 125,000.

Now, it is up to our President to act, with concrete measures with immediate effect to avoid act 5, to a week of Christmas.