Au cœur des Jaunes

 

FR

La crise des Gilets Jaunes fait l’actualité en ce moment. Une fracture sociale, digitale, et territoriale en sont les causes profondes. A ce cocktail explosif, vous ajoutez un catalyseur, notre président Emmanuel Macron, et vous avez le mouvement populaire des Gilets Jaunes sur tout le territoire français !

Ce samedi, c’est l’acte 4 sur Paris. Malgré les appels à ne pas manifester du gouvernement, j’ai décidé de manifester par conviction et aussi pour me faire ma propre opinion.

Sur le net, on lit un peu tout concernant le lieu du rassemblement. Je choisis Bastille et je me dirigerai ensuite sur les Champs-Elysées. Je pars en métro. La station Bastille est fermée et aussi toutes les stations du centre-ville de Richelieu-Drouot à la Motte Piquet Grenelle. Je m’arrête donc à Ledru-Rollin, une station juste avant et je fais le reste à pieds. Beaucoup de vitrines de magasins sont protégées. J’ai droit à une fouille. Un individu est arrêté sur le côté, je n’ai pas vu ce qu’il avait emmené mais il passera certainement sa journée en garde à vue.

 

Il y a environ 500 Gilets Jaunes vers 10h00. Le cortège se met en route, direction les Champs-Elysées. On croise deux blindés et de nombreuses forces de l’ordre, le dispositif est impressionnant. Tout se passe dans le calme et le cortège s’étire sur de longs kilomètres. Les forces de l’ordre sont « zen » et certaines discutent avec les manifestants sur le trajet. Je note quand même la présence de CRS nerveux, notamment un élément qui pointe son flash-ball sur nous alors qu’on marche tranquillement. Un manifestant jette un œuf sur des jeunes curieux à un balcon, s’ensuit des noms d’oiseau. Beaucoup sont venus des régions. Cela illustre bien la fracture territoriale « Paris vs la Province ». On est dans les beaux quartiers, un client d’hôtel essaie de jeter une bouteille en verre sur des manifestants. Il loupe son coup et le service d’ordre de l’hôtel calme les esprits.

 

Tout le secteur autour de l’Elysée est bouclé, des murs de protection amovibles sont érigés pour ne pas laisser passer les manifestants. Rue Saint-Honoré, au niveau du musée du Louvre, la garde Républicaine est présente. Les chevaux sont majestueux. De nouvelles fouilles sont réalisées. Un bon point pour la sécurité, ça permet d’écarter les suspects. Le cortège est bloqué à la place de la Concorde. Trois manifestants sont interpellés, je ne sais pour quelle raison, les autorités les ont considérés comme dangereux. Pour rejoindre les Champs-Elysées, on devra contourner en passant par l’église de la Madeleine.

Paris est désert, comme une ville morte. De nombreux magasins et restaurants sont fermés, pratiquement aucune automobile ne roule. C’est super agréable :-), d’autant plus que le soleil pointe le bout de son nez. Sur les Champs-Elysées, une nouvelle fouille est effectuée pour accéder au haut. Trois manifestants se font extraire par des policiers en civil. J’entends « Benalla est de retour ». Il y a des hélicos, des snipers (je n’ai pas vu de fusils, mais des appareils photos) en haut du bâtiment de LVMH. On entend la Marseillaise, le slogan « Macron démission ». Les lacrymos commencent à tomber, je ne suis pourtant pas au sommet des Champs. Est-ce à titre préventif ? Les manifestants s’en offusquent et des mouvements de foule se créent parfois. On entend régulièrement des explosions, on a le sentiment parfois d’être en guerre civile. Je discute avec un couple venu de Normandie, je vois des Savoyards. Beaucoup de provinciaux sont là pour le symbole. Ils montent à Paris, ils veulent se faire entendre par le pouvoir. Ce sont des gens pacifiques qui louent l’efficacité du dispositif de sécurité.

 

Vers 14 heures, je me rapproche de l’Arc de Triomphe en empruntant des rues adjacentes et là ça commence à chauffer. Il y a quelques black blocs. Un ami me rejoint. Il est passé au travers des gaz lacrymos, il a les yeux qui pleurent à grands sanglots. Des lacrymos sont tirées d’assez loin, parfois un peu « en aveugle ». C’est dangereux. Même en observateur et en étant relativement loin, on doit parfois courir. Une camionnette prend feu, des camions de pompier passent sans difficultés, le mouvement est pacifique. On est petit à petit repoussé vers le bas, pour se retrouver Place d’Iena. On y voit beaucoup de jeunes, des enfants, « des crevettes », pas dangereux à première vue, mais peut-être des casseurs.

En conclusion, je dirai que les Forces de l’ordre ont assuré la sécurité et je les en remercie. J‘ai passé finalement une très belle journée au cours de laquelle j’ai parlé avec des manifestants calmes de leurs revendications. J’ai croisé aussi quelques manifestants belliqueux. Le mouvement prend de l’ampleur sur la France. D’environ 75 000 manifestants le week-end dernier, on est passé à plus de 125 000.
Maintenant, c’est à notre Président d’agir, avec des mesures concrètes à effet immédiat pour éviter l’acte 5, à une semaine de Noël.

EN

The Yellow Vest crisis is the news right now. A social, digital, and territorial fracture are the root causes. At this explosive cocktail, you add a catalyst, our president Emmanuel Macron, and you have the popular movement of Yellow Vests throughout France !

This Saturday is act 4 on Paris. Despite calls not to demonstrate government, I decided to demonstrate by conviction and also to make my own opinion.
On the net, we read a little about the place of the gathering. I choose Bastille and I will then head to the Champs-Elysees. I’m going by subway. The station Bastille is closed and also all the stations of the town center of Richelieu-Drouot with the Motte Piquet Grenelle. I stop at Ledru-Rollin, a station just before and I do the rest on foot. Many shop windows are protected. I am entitled to a search. An individual is stopped on the side, I did not see what he had brought but he will certainly spend his day in custody.

There are about 500 Yellow Vests around 10:00. The procession sets off towards the Champs-Elysées. We cross two armored vehicles and many police forces, the device is impressive. Everything happens in calm and the procession stretches for long kilometers. The police are « zen » and some discuss with the protesters on the way. I still note the presence of nervous CRS, including an element that points his flash-ball on us while walking quietly. A protester casts an egg on curious young people at a balcony, followed by bird names. Many came from the regions. This illustrates the territorial divide « Paris vs. the Province ». We are in beautiful neighborhoods, a hotel guest is trying to throw a glass bottle on protesters. He misses his shot and the service of order of the hotel calm the spirits.

The entire area around the Elysee is cordoned off, removable protective walls are erected to not let the protesters. Rue Saint-Honoré, at the Louvre Museum, the Republican Guard is present. The horses are majestic. New excavations are carried out. A good point for security, it helps to remove suspects. The procession is blocked at the Place de la Concorde. Three protesters are arrested, I do not know why, the authorities considered them dangerous. To reach the Champs-Elysées, you will have to go around the church of Madeleine.

Paris is deserted, like a dead city. Many shops and restaurants are closed, virtually no cars drive. It’s super nice :-), especially as the sun is pointing the tip of his nose. On the Champs-Elysées, a new search is carried out to reach the top. Three protesters are extracted by plainclothes police. I hear « Benalla is back ». There are helicopters, snipers (I did not see guns, but cameras) at the top of the LVMH building. We hear the Marseillaise, the slogan « Macron resignation ». The lachrymos are beginning to fall, I’m not at the top of the Champs. Is it as a preventive measure? Protesters are offended and crowd movements are sometimes created. We regularly hear explosions, we sometimes feel like civil war. I discuss with a couple from Normandy, I see Savoyards. Many provincials are there for the symbol. They go up to Paris, they want to be heard by the power. Those are peaceful people who praise the effectiveness of the security device.

Around 14 hours, I approach the Arc de Triomphe by taking adjacent streets and it starts to heat up. There are some black blocks. A friend joins me. He has gone through the tear gas, his eyes are crying with great sobs. Lachrymos are fired from far enough, sometimes a little « blind ». It’s dangerous. Even as an observer and being relatively far away, you have to run sometimes. A van catches fire, fire trucks pass without difficulty, the movement is peaceful. We are gradually pushed back down to find Place d’Iena. We see a lot of young people, children, « shrimp », not dangerous at first sight, but maybe breakers.

In conclusion, I would say that the security forces have provided security and I thank them for it. I finally had a very nice day during which I spoke with calm demonstrators of their demands. I also met some bellicose protesters. The movement is gaining momentum in France. From around 75,000 protesters last weekend, it has grown to more than 125,000.

Now, it is up to our President to act, with concrete measures with immediate effect to avoid act 5, to a week of Christmas.

 

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